La réinvention de la mobilité

De quelle façon les enjeux climatiques vont-ils accélérer la révolution de la mobilité ?

Les villes émettent 80 % de la pollution atmosphérique mondiale, rejetant un volume de CO2 qui a doublé au cours des 20 dernières années, tandis que celui des zones rurales ne s’est pas même accru de moitié.

En 2050, nous serons 10 milliards d’êtres humains, et 7 personnes sur 10 vivront en ville. Actuellement un automobiliste vit plus de 100 heures par an dans les embouteillages, dans des villes comme Los Angeles ou Londres, 45 heures à Paris et 30 heures dans les grandes villes françaises.

Certaines villes s’en sortent mieux que d’autres : à Lyon, une nouvelle gestion intelligente du trafic a permis de réduire cette perte de temps de 4 heures.

Comment s’agencent ces mutations ?

Dans son livre Réinventer la Street Experience, Hyperstories, espace public et mobilier urbain connecté, Philippe Baudillon aborde les transformations qui agitent les villes modernes.

« Une ville s’engageant sur la voie de l’intelligence ne peut pas faire l’impasse sur la réinvention de la mobilité »

Alors en quoi consiste cette réinvention ?

C’est en observant les différentes manifestations de la « smart city » dans le monde, qu’on peut nourrir la réponse à cette question :

Une des villes intelligentes les plus avancées se trouve à Incheon, en Corée du Sud. Le quartier de Songdo y cristallise les formes de Smart City les plus abouties. Dans chaque rue les piétons, les cyclistes et les automobilistes peuvent circuler sur des voies séparées. Le trafic y est suivi par 500 caméras qui régulent les fréquences de passage des feux de circulation qui sont équipés de capteurs. Les camions à ordures ne circulent plus sur la chaussée : les déchets sont collectés par des voies souterraines avant d’être ensuite triés. Les parcs urbains permettent de raccourcir les distances piétonnes pour faciliter le trajet à pied vers son lieu de travail. De futurs écrans interactifs généralisés devraient permettre de suivre des cours ou de consulter un médecin sans sortir de chez soi.

Tout cela aboutit à repenser la mobilité à l’aune des nouvelles technologies.

En France, et dans le monde en général, l’ouverture et l’accès aux données publiques, ainsi que les ordinateurs devenus de super calculateurs ont instauré le traitement massif de données (Big Data) ainsi que l’élaboration d’algorithmes prédictifs.

Grâce à eux, au Brésil, la ville de Rio a crée un système d’alerte pour anticiper les risques d’inondation 60 heures avant qu’ils ne se produisent, et organiser l’évacuation des populations exposées en moins de 2 jours.

A Copenhague, des feux tricolores restent au vert 30 secondes de plus si un bus ou un cycliste s’approchent. Ce qui permet de réduire le temps de parcours d’un bus de 20 % en moyenne et celui d’un cycliste de 10%. Une application permet également de calculer les places de parking disponibles, une autre de calculer l’itinéraire émettant le moins de pollution. C’est la « mobilité fluide ».

Le mobilier urbain a sa part dans les mesures novatrices réduisant l’empreinte carbone : à Oslo, 5500 lampadaires sont équipés de capteurs pour moduler l’éclairage en fonction du trafic, de la météo et de la luminosité. En France, Toulouse a testé des réverbères intelligents et a diminué sa consommation électrique de 67 % en un an dans certaines rues.

Dans des villes comme Las Vegas, Tel Aviv, Bucarest, Dubaï, Dublin, Amsterdam, Saragosse, Thessalonique, 90 % des rues sont déjà équipées de capteurs.

L’autre évolution soulignée par Philippe Baudillon, c’est celle, portée par les acteurs privés, de la « Mobility as a Service » : la faculté de pouvoir utiliser un bien ou un service sans le posséder. Toutes les plateformes récentes (Uber, Drivy, etc.) en sont l’illustration. De même que celles de « peer-to-peer » mettant en relation directement les marchands et les clients : Blablacar ou Rezopouce. Cette dernière appli a été adoptée par 1000 communes rurales en France pour relancer l’autostop.

Les régies de transport accompagnent ces transformations : Transdev a sorti FleetMe, une plateforme de covoiturage en temps réel, résolvant ainsi le problème du dernier kilomètre.

L’enjeu des smart cities sera désormais, comme l’écrit Philippe Baudillon, de rendre la technologie omniprésente mais discrète.

Source : Dehooors

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