Comment les enjeux de la mobilité transforment les villes en start-up ?

Kapten, Blablacar ou Ouicar… Nombreuses sont les jeunes pousses françaises devenues aujourd’hui des grandes sociétés réalisant plusieurs dizaines de millions d’euros de chiffre d’affaire. Il faut dire que le secteur de la mobilité urbaine est en plein essor. Et ces start-ups façonnent d’autant plus les villes qu’ils en sont à la fois acteurs économiques, mais également réponses à leurs enjeux. Quelle tendance pour ce marché en forte croissance ?

Chaque année, l’INSEE publie les résultats du recensement de la population française. Et si, comme à chaque fois, on constate que la hausse de celle-ci reste faible – comptabilisée à 0,3% en 2018 –, c’est avant tout l’urbanisation au sein de l’hexagone qui transforme le paysage français. En effet, selon une étude publiée par l’INSEE fin 2018, Paris perd petit à petit son rôle de pôle centralisateur des affaires, du commerce et de l’innovation, notamment au profit des autres grandes villes de France : Lyon, Marseille, Bordeaux, Nantes, etc.

De 2011 à 2016, la ville (de Paris ndlr) perd en moyenne chaque année 0,5 % de sa population (– 11 900 habitants par an) alors qu’elle en gagnait 0,6 % par an (+ 13 700) entre 2006 et 2011. […] Parmi les 20 pôles urbains de 300 000 habitants ou plus en 2016 (figure 4), 12 voient leur croissance accélérer, notamment Nantes, Bordeaux, Montpellier et Rennes.

Insee

En cause, l’avènement des start-ups et la multiplication des incubateurs et couveuses au sein de ces métropoles. Il faut dire que l’innovation est un des points forts de l’économie française avec près de 10 317 demandes déposées à l’Office européen des Brevets, une évolution en baisse de 2.8% par rapport à 2017 mais qui maintient le pays au rang de quatrième innovateur mondial. Parmi ces multiples start-up, nombreuses sont celles s’intéressant aux problématiques liées à la mobilité ; en témoignent le fort développement lié aux moyens de transports en libre-service ou écologiques.

Mobilité urbaine : de la trottinette électrique au taxi volant

De la simple trottinette électrique au générateur d’itinéraires pour personnes à mobilité réduite, du taxi volant aux plateformes permettant de mieux gérer l’encombrement des parkings… Les idées ne manquent pas pour répondre aux enjeux croissants de la mobilité citadine.

Vieillissement démographique, engorgement des centres villes, problèmes de pollution, sont autant de problématiques auxquelles doivent faire face les élus et les citoyens. En effet, de nombreuses capitales et métropoles adoptent des mesures drastiques tels que les péages pour accéder dans le centre-ville de Londres ou encore l’interdiction pure et simple de circuler à Oslo. Face à cela, les initiatives se sont multipliées au cours des dernières années afin de faciliter les nouveaux modèles de transport intra et péri-urbains. De nombreuses start-ups se sont donc développées afin de fournir une réponse adéquate en termes d’innovations à cette nouvelle demande sur le marché. Ainsi, il n’est pas rare de croiser bon nombre de citadins ou de touristes sur de petites trottinettes électriques en libre-service ou encore d’apprendre qu’un voisin a pu louer sa voiture en autopartage à la journée sans avoir à se déplacer grâce aux nouveaux systèmes d’ouverture et fermeture à distance. Dernièrement, une société a créé un robot-voiturier qui gare les véhicules dans des boxes ou sur des parkings à la place du conducteur. La première version est actuellement en cours de test à l’aéroport de Lyon Saint-Exupéry. En parallèle, la ville de Nantes a adopté un nouveau Plan de Déplacement Urbain (PDU) favorisant les modèles écologiques et de transports en commun. Et si beaucoup de ces solutions sont développées par les start-ups et soutenues par les grandes sociétés du transport individuel. Nombreux sont ceux qui tentent de voir la forêt, cachée par l’arbre, à travers le sujet du mass-transit.

Les défis du mass-transit

En 2016, SNCF lance la première Mass Transit Academy française. Le but : permettre aux agents de la société ferroviaire d’être formé aux dernières innovations et aux enjeux liés aux déplacements des foules et à la mobilité de masse. Car avec l’urbanisation de la société, ces deux problématiques s’avèrent cruciales : comment faciliter au mieux les déplacements sans engorger les stations, favorisant un temps de trajet optimal des individus tout en tenant compte des questions écologiques.

Un défi auquel s’attaque notamment Alain Krakovitch à travers son ouvrage « Mobilitrain », qui se veut être un plaidoyer pour le train comme solution en zone dense. Prenant exemple sur la gestion du transport ferroviaire en Asie, et s’appuyant sur les estimations de l’ONU quant à l’urbanisation, il indique notamment que les mégalopoles dépasseront, durant les prochaines décennies, plusieurs dizaines de millions d’habitants, s’étalant sur un territoire géographique de plus en plus large. Un challenge face auquel la voiture autonome ou les trottinettes ne peuvent représenter des réponses adéquates ; rendant le train non pas concurrent mais bien complémentaire à ces moyens de transport de zone urbaine.

La mobilité reste un enjeu majeur de l’évolution de la société.

Les deux dernières éditions du salon de l’innovation « Viva Tech » ont fait la part belle à la « mobilité ». Celle-ci représentait l’une des 8 tendances majeures, à travers des conférences dédiées et les stands de start-ups. En parallèle, d’après une étude réalisée par le cabinet Keyrus, avec 146 millions d’euros de levée de fonds, elle représente le 6ème secteur d’innovation en termes d’investissement.

Source : Wimobi

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