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CES 2020 : La smart mobility passe la 5e !

Du 6 au 11 janvier se tenait à Las Vegas le Consumer Electronics Show (CES), salon majeur de l’innovation technologique. Cette édition 2020 a mobilisé plus de 175 000 personnes parmi lesquels un millier d’intervenants. De nombreuses innovations ont été présentées dans divers domaines dont l’Internet des Objets (IoT). Mais c’est surtout dans le secteur des mobilités novatrices que les projets prennent de plus en plus un tour concret. Alors, la révolution de la mobilité est-elle pour demain, ou pour après-demain ? Tour d’horizon des principales expositions notables.

Une des dimensions les plus en effervescences concerne le segment des véhicules particuliers et l’avenir des voitures actuelles. Evolution logique de la voiture actuelle, tirant parti de l’énergie électrique désormais communément généralisée, de nombreux concept-car (voitures expérimentales) ont été présentés, faisant montre d’avancées technologiques jonglant sur les deux tendances actuelles de la mobilité innovante : l’autonomie de conduite, et l’ergonomie à bord. L’ensemble étant destiné à libérer le conducteur de ses obligations de vigilance au maximum, ou à les orienter vers plus de confort. Sony a ainsi pu exposer un prototype de voiture électrique équipé d’écrans larges, de multiples capteurs, entièrement connecté : la Vision S.

Toujours du côté des véhicules expérimentaux, Mercedes-Benz présente sa Vision AVTR (Advanced Vehicle Transformation), inspirée d’Avatar, le film de James Cameron. S’inscrivant dans un schéma de « connexion entre la technologie et la nature », ce prototype adopte un design organique qui essaie de tirer le plus de parti de matériaux écoresponsables.

Plus proche de notre quotidien et des technologies actuelles, Byton va produire en série son SUV M-Byte, commercialisé courant 2020, qui incarne avec son modèle électrique une premiumisation du SUV. Equipé d’un écran de 48″ contrôlé par la voix, il a déjà fait l’objet de 60 000 commandes.

Expérimentations déterminantes pour les années à venir, ces véhicules dessinent un schéma de mobilité de plus en plus certain : d’après une étude du Boston Consulting Group (BCG) de janvier 2020 : les voitures hybrides et électriques devraient représenter 1/3 des ventes en 2025 et même plus de la moitié en 2030.

Deuxième volet de la mobilité future, le volet smart (intelligent). Conjugué à un ensemble de faisceaux d’interactions, il prend généralement place dans un environnement dont il est le reflet. Il ne s’agit alors plus de caractériser la prouesse technologique d’un véhicule mais de voir en quoi cet environnement dessine une interface pensée dans sa globalité pour simplifier les modalités de déplacement : pas de smart mobility sans smart city. C’est pourquoi, dans la série des prototypes de villes intelligentes déjà avancés par Google ou les GAFAM, la « Woven City » de Toyota vient parachever l’imaginaire d’un écosystème où l’automatisme connecté atteint son paroxysme. Résurgence des mythes de villes futuro-fonctionnalistes à la Métropolis, pour l’imaginaire, ou alors emprunt à une histoire réelle consacrée par le progrès technique comme à Pripyat, avant l’accident nucléaire de Tchernobyl, la ville du futur de Toyota sera destinée à loger les 2000 salariés de la firme au pied du Mont-Fuji. Conçue par le cabinet d’architecture Bjarke Ingels Group, elle sera achevée en 2021, et permettra d’expérimenter les véhicules autonomes en conditions réelles. D’après Guillaume Gérondeau, Vice-Président Industrie, transports & mobilités chez Dassault Systèmes, « La ville a un rôle de leadership à assumer dans les nouvelles formes de mobilité ».

Les parkings, enjeu majeur de l’accessibilité urbaine des prochaines années, ne sont pas écartés : c’est le sens de la démarche du Chinois Horizon Robotics qui imagine en partenariat avec l’entreprise d’équipements français Faurecia des solutions de gestion multimodale en intelligence artificielle et de systèmes avancés d’aide à la conduite (ADAS). De premières expérimentations de parkings autonomes à faible vitesse auront lieu dans l’année. Pour l’heure, la start up chinoise se consacre à l’élaboration d’une cartographie data des objets sur l’itinéraire qui nourrissent la conduite autonome à travers une représentation sémantique.

Avec la transformation des usages de bord, on imagine de libérer les sens, et les membres du conducteur pour une charge mentale allégée : Audi imagine pour son concept-car AI : ME un affichage tête haute (HUD) héritée de l’aéronautique, qui matérialise en réalité mixte des information situées à une distance virtuelle de 70 m dans le regard du conducteur. L’interaction avec la conduite passe par le tracking du regard et des yeux, et par la reconnaissance de la voix. D’ici les deux prochaines années, la Loi d’Orientation des Mobilités (LOM) prévoit un volet consacrant la facilitation des politiques de déploiement de véhicules autonomes commerciaux. La multiplication des acteurs dans ce secteur va aboutir à une réorganisation du panorama des services et des prestations qui ont fait la marque fabrique de certaines entreprises : comme l’explique Guillaume Gérondeau, « Les frontières sont en train de disparaître. On voit des acteurs de l’électronique exposer des voitures, les acteurs de l’automobile développer des villes ou des objets volants… aujourd’hui on voit que les rôles de chacun sont en train de se réinventer » . Ainsi en va-t-il d’Eurovia, filiale de Vinci, et de sa technologie autonome permettant de réaliser les marquages sur les voies de circulation créant, sans besoin de faire intervenir personne, une base de données exploitable pour les véhicules autonomes.

Les mobilités à deux roues sont intégrées aux futurs possibles, ainsi que l’ensemble de la « micro mobilité » : il s’agit de continuer à développer les opportunités cyclables, comme cherche à le faire l’entreprise Cosmo Connected, qui oriente ses projets de façon à renforcer la sécurité des cyclistes, notamment grâce à un système d’écran connecté pour les vélos. Les engins plus insolites, comme les nacelles électriques à 2 roues, sont aussi à l’honneur avec Segway, entreprise rachetée par le Chinois Ninebot il y a 5 ans. Ont également été présentés leurs modèles de trottinette électrique Kickscooter Air T15 qui se recharge en freinant. Ou encore le fauteuil nacelle S-Pod sur 2 roues.

La mobilité intelligente, c’est aussi la gestion logistique de l’acheminement marchand. Sujet de préoccupation croissante des villes et des métropoles, la question de la livraison pour le dernier kilomètre frôle la quadrature du cercle, tant les enjeux se compénètrent et les intérêts, divergents, sont difficiles à satisfaire : riverains, marchands, automobilistes, transports publics, cyclistes, se partagent la voirie selon des modalités qui pénalisent les uns ou les autres. Valeo investit le créneau, en s’associant au Chinois Meituan Dianping (plateforme de livraison de repas) pour élaborer un droide de livraisons autonome. Doté d’une autonomie de 100 km, il peut se déplacer à 12 km/h.

Troisième volet de la mobilité du futur sur laquelle nous ne saurions faire l’impasse : la mobilité aérienne. Face à la saturation croissante des voies terrestres, de nombreuses startup envisagent d’adapter leurs projets de véhicules particuliers ou de taxis à la troisième dimension. Dans cet esprit, Hyundai a dévoilé une maquette de taxi volant élaborée en partenariat avec Uber, le S-A1, qui devrait être commercialisé en 2023. Jaiwon Shin, responsable de la division Urban Air Mobility de Hyundai estime qu’il y aura à terme « plus de taxis volants que d’avions en circulation ». La société coréenne a également annoncé un système de véhicule autonome personnalisable ou « Purpose Built Vehicle » (PBV) : véritables « espaces de vie sur roues » comme les définit le responsable du centre de design de la marque, SangYup Lee, ces véhicules peuvent se transformer pour assumer différentes fonctions modulables.

Comme l’explique Anita Sengupta (Airspace Experience Technologies) « la Smart City de demain doit s’envisager en 3 dimensions, en intégrant l’espace aérien ». alors même que « la mobilité partagée permet d’une part de produire moins de déchets et d’autre part, de réduire les émissions de carbone ». Le taxi volant semble donc avoir un avenir assuré. Restera à examiner les questions de réglementation face à un espace aérien de plus en plus encombré.

Quoiqu’il en soit, il est clair que nous sommes désormais à un tournant des schémas de mobilités : Gary Shapiro, président de la Consumer Tecnology Association (CTA) et organisateur du CES l’a ainsi résumé : 2020 sera le point d’inflexion de la transformation du marché des transports.

Sources : 

Image de couverture (c) Wolf Oil. Commercial « Engineering tomorrow’s mobility » Nicolas Jandrain

Source : Dehooors

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